Dernière mise à jour 29 juillet 2011

 
 
 


Boniface, qui a l'origine s'appelait Winfrith, est né avant 674, près d'Exeter, peut-être à Crediton, dans le Devon, Wessex. Ses parents acceptèrent que l'enfant, dont la vocation fut précoce, aille très jeune au monastère d'Exeter. De là, il se rendit à Nursling où il compléta si bien son instruction qu'il devint maître dans ce monastère. De ses solides études, Boniface gardera le goût de bien écrire en latin, en prose ou en vers, mais aussi la passion de commenter l'Écriture.

À 30 ans, il fut ordonné prêtre. Il rêvait de «pérégriner pour le Christ» et de faire son salut en quittant sa patrie. Il partit en 711 avec quelques compagnons pour traverser en Frise (Pays-Bas). En 718, il voulut faire un pèlerinage à Rome. Le pape Grégoire II le reçut chaleureusement et changea le nom de Wynfrith en celui de Boniface (celui qui a un destin favorable, ou celui qui annonce la Bonne Nouvelle). Il partit pour évangéliser le reste de la Germanie, fort de la lettre de Grégoire II lui enjoignant comme mission d'évangéliser «toutes les nations infidèles».

La Thuringe et la Hesse étaient des régions très peu christianisées. Boniface établit un premier monastère et réussit à convertir plusieurs milliers de Hessois. Ayant appris ses succès, Grégoire II le fit revenir à Rome et décida de l'ordonner évêque sans l'attacher à un siège particulier.

Boniface commença par un acte assez spectaculaire en abattant, près de Fritzlar, le chêne vénéré par les païens : consacré au dieu Thor, il était censé soutenir la voûte du ciel. Boniface utilisa les planches tirées de ce chêne pour construire une chapelle dédiée à saint Pierre, se souvenant ainsi en quelques sorte des conseils donnés par Grégoire le Grand aux missionnaires anglo-saxons : «Ne détruisez pas les temples des païens, mais videz-les des idoles et consacrez-les à Dieu» Non loin de là, Boniface établit le monastère de Fritzlar. Passant en Thuringe, il fonda le monastère de Saint-Michel d'Ohrdruf.

Bientôt, des compagnons vinrent du Wessex pour l'aider dans son oeuvre apostolique. En les appelant à son aide, Boniface les choisit parmi les plus cultivés «formés aussi bien par la science de la lecture que celle de l'écriture et des autres arts».

Grégoire II mourut. Dans une lettre au nouveau Pontife Grégoire III, Boniface fit le compte rendu de son travail. Grégoire III lui répondit en le félicitant et en lui envoyant le pallium, c'est-à-dire en lui donnant la dignité d'archevêque.

Boniface installa des évêques à Salzbourg, à Freising, à Ratisbonne, à Passau, à Eichstatt, à Wurtzbourg, Erfurt et Buraburg.

L'Église franque souffrait alors d'une désorganisation totale. Boniface va consacrer tous ses efforts à la reforme. Le maire du palais Carloman, puis son frère Pépin, décida d'établir des évêques dans les cités et de placer au-dessus d'eux l'archevêque Boniface, l'envoyé de saint Pierre. La règle de saint Benoît fut remise à l'honneur.

Boniface reçut l'archevêché de Mayence. Il avait atteint la soixantaine («grand âge» pour l'époque); il chercha à se retirer dans une abbaye. Il construisit un monastère et une église en pierre dédiée au Saint-Sauveur à Fulda en 744.

Le maire du palais Pépin le Bref, le père de Charlemagne, fut sacré par Boniface, établissant ainsi la monarchie carolingienne en 751.

Boniface continuait à penser a l'évangélisation des païens, malgré son âge. Il repartit avec 52 compagnons pour le theâtre dès sa première mission, Les Pays-Bas, et le 5 juin 754, ils furent tous massacrés. Le corps de Boniface fut ramené à Fulda. Jusqu'à nos jours, Fulda demeure le centre religieux de l'Allemagne catholique. Le nombre des pèlerins augmentant, on dut agrandir l'église et faire de la basilique le plus grand monument de l'Occident après Saint-Pierre de Rome. L'Église allemande le considère comme son apôtre. Christopher Dawson écrit à son propos : «Il eut sur l'histoire de l'Europe une influence supérieure à celle qu'aucun autre Anglais à aucune époque ait jamais exercée. »

L'endroit de son martyre aux Pays-Bas devait par la suite s'appeler Dokkum.

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