MESSAGE VIDÉO DU
PAPE BENOÎT XVI
AUX PARTICIPANTS À LA
RETRAITE SACERDOTALE INTERNATIONALE
Chers
frères dans le sacerdoce,
Vous limaginez
aisément, jaurais été extrêmement
heureux de pouvoir être des vôtres pour cette retraite
sacerdotale internationale autour du thème : « La joie
du prêtre consacré pour le salut du monde ».
Vous y participez nombreux et vous bénéficiez des
enseignements du Cardinal Christophe Schönborn. Je le salue
cordialement ainsi que les autres prédicateurs et l'Evêque
de Belley-Ars, Mgr Guy-Marie Bagnard. Je dois me contenter de vous
adresser ce message enregistré, mais veuillez croire quà
travers ces quelques mots, cest à chacun dentre
vous que je parle de la manière la plus personnelle qui soit,
car, comme le dit saint Paul : « Je vous porte dans mon cur,
vous qui
vous associez tous à ma grâce »
[1].
Saint Jean-Marie Vianney
soulignait le rôle indispensable du prêtre lorsqu'il
disait : « Un bon pasteur, un pasteur selon le cur de
Dieu, cest là le plus grand trésor que le bon
Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des plus précieux
dons de la miséricorde divine » [2]. En cette Année
sacerdotale, nous sommes tous appelés à explorer et
redécouvrir la grandeur du Sacrement qui nous a configurés
à jamais au Christ Souverain Prêtre et qui nous a tous
« sanctifiés dans la vérité » [3].
Choisi dentre les
hommes, le prêtre reste lun deux et il est appelé
à les servir en leur donnant la vie de Dieu. Cest lui
qui « continue luvre de rédemption, sur
la terre » [4]. Notre vocation sacerdotale est un trésor
que nous portons dans des vases dargile [5]. Saint Paul a
exprimé avec bonheur linfinie distance qui existe entre
notre vocation et la pauvreté des réponses que nous
pouvons donner à Dieu. Il y a, de ce point de vue, un lien
secret qui unit lannée paulinienne à lannée
du prêtre. Nous gardons présente à nos oreilles
et à lintime de notre cur lexclamation
émouvante et confiante de lApôtre qui a dit :
« Lorsque je suis faible, cest alors que je suis fort
» [6]. La conscience de cette faiblesse ouvre à lintimité
de Dieu qui, donne force et joie. Plus le prêtre persévère
dans lamitié de Dieu, plus il continuera luvre
du Rédempteur sur la terre [7]. Le prêtre nest
pas pour lui, il est pour tous [8].
Cest bien là
que réside lun des défis majeurs de notre temps.
Le prêtre, homme de la Parole divine et du sacré certes,
doit aujourdhui plus que jamais être un homme de la
joie et de lespérance. À des hommes qui ne peuvent
plus concevoir que Dieu soit pur Amour, il affirmera toujours que
la vie vaut la peine dêtre vécue et que le Christ
lui donne tout son sens parce quIl aime les hommes, tous les
hommes. La religion du Curé dArs est une religion du
bonheur, non une recherche morbide de la mortification, comme on
la cru parfois : « Notre bonheur est trop grand ; non,
non, jamais nous ne le comprendrons » [9] disait-il, ou encore
: « Lorsque nous sommes en route et que nous apercevons un
clocher, cette vue doit faire battre notre cur comme la vue
du toit où demeure son bien-aimé fait battre le cur
de lépouse » [10]. Ici, je veux saluer avec une
affection toute particulière ceux dentre vous qui ont
la charge pastorale de plusieurs clochers et qui se dépensent
sans compter pour maintenir une vie sacramentelle dans leurs différentes
communautés. La reconnaissance de lEglise est immense
pour vous tous ! Ne perdez pas courage, mais continuez à
prier et à faire prier pour que de nombreux jeunes acceptent
de répondre à lappel du Christ qui ne cesse
de vouloir faire grandir le nombre de ses apôtres pour moissonner
ses champs.
Chers prêtres,
pensez aussi à lextrême diversité des
ministères que vous exercez au service de lEglise.
Pensez au grand nombre de messes que vous avez célébrées
ou célébrerez, en rendant chaque fois le Christ réellement
présent sur lautel. Pensez aux innombrables absolutions
que vous avez données et donnerez, en permettant à
un pécheur de se laisser relever. Vous percevez alors la
fécondité infinie du sacrement de lOrdre. Vos
mains, vos lèvres, sont devenues, lespace dun
instant, les mains et les lèvres de Dieu. Vous portez le
Christ en vous ; vous êtes, par grâce, entrés
dans la sainte Trinité. Comme le disait le saint Curé
: « Si on avait la foi, on verrait Dieu caché dans
le prêtre comme une lumière derrière un verre,
comme un vin mêlé avec de leau » [11].
Cette considération doit amener à harmoniser les relations
entre prêtres afin de réaliser cette communauté
sacerdotale à laquelle exhortait saint Pierre [12] pour bâtir
le corps du Christ et vous construire dans l'amour [13].
Le prêtre est lhomme
de lavenir : il est celui qui a pris au sérieux les
paroles de Paul : « Vous êtes ressuscités avec
le Christ : recherchez les choses den-haut ! » [14].
Ce quil fait sur terre est de lordre des moyens ordonnés
à la Fin ultime. La messe est ce point unique de jonction
entre les moyens et la Fin, puisquelle nous donne déjà
de contempler, sous lhumble apparence du pain et du vin, le
Corps et le Sang de Celui que nous adorerons dans léternité.
Les phrases simples et denses du saint Curé sur lEucharistie
nous aident à mieux percevoir la richesse de ce moment unique
de la journée où nous vivons un face à face
vivifiant pour nous-mêmes et pour chacun des fidèles.
« On ne comprendra, écrivait-il, le bonheur quil
y a de dire la messe que dans le ciel ! » [15]. Cest
pourquoi je vous encourage à fortifier votre foi et celles
des fidèles dans le Sacrement que vous célébrez
et qui est la source de la vraie joie. Le saint dArs sécriait
: « Le prêtre doit avoir la même joie (que les
apôtres) en voyant Notre Seigneur quil tient entre ses
mains » [16].
En rendant grâce
pour ce que vous êtes et ce que vous faites, je vous redis
: « Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres
au cur de lÉglise ! » [17]. Vivants témoins
de la puissance de Dieu à luvre dans la faiblesse
des hommes, consacrés pour le salut du monde, vous demeurez,
mes chers frères, choisis par le Christ lui-même afin
dêtre, grâce à Lui, sel de la terre et
lumière du monde. Puissiez-vous durant cette retraite spirituelle,
expérimenter de manière profonde l'Intime indicible
[18] pour être parfaitement unis au Christ afin d'annoncer
son Amour autour de vous et d'être entièrement engagés
au service de la sanctification de tous les membres du Peuple de
Dieu. En vous confiant à la Vierge Marie, Mère du
Christ et des prêtres, je vous donne à tous ma Bénédiction
apostolique.
Le 28 septembre 2009
BENOÎT XVI
AUDIENCE GÉNÉRALE
Mercredi 12 août
2009
Marie, mère
de tous les prêtres
Chers frères
et soeurs,
La célébration
de la solennité de l'Assomption de la Vierge Marie, samedi
prochain, est imminente, et nous nous trouvons dans le cadre de
l'Année sacerdotale; c'est pourquoi je voudrais parler du
lien entre la Vierge et le sacerdoce. Il s'agit d'un lien profondément
enraciné dans le mystère de l'Incarnation. Lorsque
Dieu décida de se faire homme dans son Fils, il avait besoin
du "oui" libre de l'une de ses créatures. Dieu
n'agit pas contre notre liberté. Et une chose véritablement
extraordinaire a lieu: Dieu devient dépendant de la liberté,
du "oui" de l'une de ses créatures; il attend ce
"oui". Saint Bernard de Clairvaux, dans l'une de ses homélies,
a expliqué de façon dramatique ce moment décisif
de l'histoire universelle, où le ciel, la terre et Dieu lui-même
attendent ce que dira cette créature.
Le "oui" de
Marie est donc la porte à travers laquelle Dieu a pu entrer
dans le monde, se faire homme. Ainsi, Marie participe réellement
et profondément au mystère de l'incarnation, de notre
salut. Et l'incarnation, le fait que le Fils s'est fait homme, était
dès le début finalisée au don de soi; au don
de soi avec beaucoup d'amour dans la Croix, pour se faire pain pour
la vie du monde. Ainsi, sacrifice, sacerdoce et Incarnation vont
de pair et Marie est au centre de ce mystère.
Allons à présent
à la Croix. Avant de mourir, Jésus voit sa Mère
au pied de la Croix; et il voit le fils bien-aimé et ce fils
bien-aimé est certainement une personne, un individu très
important, mais il est davantage: c'est un exemple, une préfiguration
de tous les disciples bien-aimés, de toutes les personnes
appelées par le Seigneur à être "le disciple
qu'il aimait" et par conséquent, de façon particulière,
également des prêtres. Jésus dit à Marie:
"Mère, voici ton fils" (Jn 19, 26). Il s'agit d'une
sorte de testament: il confie sa Mère au soin du fils, du
disciple. Mais il dit également au disciple: "Voici
ta mère" (Jn 19, 27). L'Evangile nous dit qu'à
partir de ce moment, saint Jean, le fils bien-aimé, accueillit
la mère, Marie, "chez lui". C'est ce que dit la
traduction française; mais le texte grec est beaucoup plus
profond, beaucoup plus riche. Nous pourrions le traduire de la façon
suivante: il prit Marie dans l'intimité de sa vie, de son
être, "eis tà ìdia", dans la profondeur
de son être. Prendre avec soi Marie, signifie l'introduire
dans le dynamisme de son existence tout entière - il ne s'agit
pas d'une chose extérieure - et dans tout ce qui constitue
l'horizon de son apostolat. Il me semble que l'on comprend donc
que le rapport particulier de maternité existant entre Marie
et les prêtres constitue la source primaire, le motif fondamental
de la prédilection qu'elle nourrit pour chacun d'eux. Marie
les aime en effet pour deux raisons: car ils sont davantage semblables
à Jésus, amour suprême de son coeur et parce
qu'eux aussi, comme Elle, sont engagés dans la mission de
proclamer, témoigner et apporter le Christ au monde. En vertu
de son identification et conformation sacramentelle à Jésus,
Fils de Dieu et Fils de Marie, chaque prêtre peut et doit
se sentir véritablement le fils bien-aimé de cette
très noble et très humble Mère.
Le Concile Vatican II
invite les prêtres à voir en Marie le modèle
parfait de leur existence, en l'invoquant comme "Mère
du Grand prêtre éternel, Reine des Apôtres, soutien
des prêtres dans leur ministère". Et elle a droit
- poursuit le Concile - "à la dévotion filiale
des prêtres, à leur vénération et à
leur amour" (cf. Presbyterorum ordinis, n. 18). Le saint curé
d'Ars, vers lequel notre pensée se tourne de façon
particulière en cette année, aimait répéter:
"Jésus Christ, après nous avoir donné
tout ce qu'il pouvait nous donner, veut encore faire de nous les
héritiers de ce qu'il a de plus précieux, c'est-à-dire
sa Sainte Mère" (B. Nodet, La pensée et l'âme
du curé d'Ars). Cela vaut pour tout chrétien, pour
nous tous, mais en particulier pour les prêtres. Chers frères
et soeurs, prions afin que Marie rende tous les prêtres, face
à tous les problèmes du monde d'aujourd'hui, conformes
à l'image de son Fils Jésus, dispensateurs du trésor
inestimable de son amour de bon Pasteur. Marie, Mère des
prêtres, prie pour nous!
--------------------------------------------------------------------------------
On
peut aller sur le site du Vatican:
|