Dernière mise à jour 29 juillet 2011

 
 
 


MESSAGE VIDÉO DU PAPE BENOÎT XVI
AUX PARTICIPANTS À LA
RETRAITE SACERDOTALE INTERNATIONALE

Chers frères dans le sacerdoce,

Vous l’imaginez aisément, j’aurais été extrêmement heureux de pouvoir être des vôtres pour cette retraite sacerdotale internationale autour du thème : « La joie du prêtre consacré pour le salut du monde ». Vous y participez nombreux et vous bénéficiez des enseignements du Cardinal Christophe Schönborn. Je le salue cordialement ainsi que les autres prédicateurs et l'Evêque de Belley-Ars, Mgr Guy-Marie Bagnard. Je dois me contenter de vous adresser ce message enregistré, mais veuillez croire qu’à travers ces quelques mots, c’est à chacun d’entre vous que je parle de la manière la plus personnelle qui soit, car, comme le dit saint Paul : « Je vous porte dans mon cœur, vous qui … vous associez tous à ma grâce » [1].

Saint Jean-Marie Vianney soulignait le rôle indispensable du prêtre lorsqu'il disait : « Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, c’est là le plus grand trésor que le bon Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des plus précieux dons de la miséricorde divine » [2]. En cette Année sacerdotale, nous sommes tous appelés à explorer et redécouvrir la grandeur du Sacrement qui nous a configurés à jamais au Christ Souverain Prêtre et qui nous a tous « sanctifiés dans la vérité » [3].

Choisi d’entre les hommes, le prêtre reste l’un d’eux et il est appelé à les servir en leur donnant la vie de Dieu. C’est lui qui « continue l’œuvre de rédemption, sur la terre » [4]. Notre vocation sacerdotale est un trésor que nous portons dans des vases d’argile [5]. Saint Paul a exprimé avec bonheur l’infinie distance qui existe entre notre vocation et la pauvreté des réponses que nous pouvons donner à Dieu. Il y a, de ce point de vue, un lien secret qui unit l’année paulinienne à l’année du prêtre. Nous gardons présente à nos oreilles et à l’intime de notre cœur l’exclamation émouvante et confiante de l’Apôtre qui a dit : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » [6]. La conscience de cette faiblesse ouvre à l’intimité de Dieu qui, donne force et joie. Plus le prêtre persévère dans l’amitié de Dieu, plus il continuera l’œuvre du Rédempteur sur la terre [7]. Le prêtre n’est pas pour lui, il est pour tous [8].

C’est bien là que réside l’un des défis majeurs de notre temps. Le prêtre, homme de la Parole divine et du sacré certes, doit aujourd’hui plus que jamais être un homme de la joie et de l’espérance. À des hommes qui ne peuvent plus concevoir que Dieu soit pur Amour, il affirmera toujours que la vie vaut la peine d’être vécue et que le Christ lui donne tout son sens parce qu’Il aime les hommes, tous les hommes. La religion du Curé d’Ars est une religion du bonheur, non une recherche morbide de la mortification, comme on l’a cru parfois : « Notre bonheur est trop grand ; non, non, jamais nous ne le comprendrons » [9] disait-il, ou encore : « Lorsque nous sommes en route et que nous apercevons un clocher, cette vue doit faire battre notre cœur comme la vue du toit où demeure son bien-aimé fait battre le cœur de l’épouse » [10]. Ici, je veux saluer avec une affection toute particulière ceux d’entre vous qui ont la charge pastorale de plusieurs clochers et qui se dépensent sans compter pour maintenir une vie sacramentelle dans leurs différentes communautés. La reconnaissance de l’Eglise est immense pour vous tous ! Ne perdez pas courage, mais continuez à prier et à faire prier pour que de nombreux jeunes acceptent de répondre à l’appel du Christ qui ne cesse de vouloir faire grandir le nombre de ses apôtres pour moissonner ses champs.

Chers prêtres, pensez aussi à l’extrême diversité des ministères que vous exercez au service de l’Eglise. Pensez au grand nombre de messes que vous avez célébrées ou célébrerez, en rendant chaque fois le Christ réellement présent sur l’autel. Pensez aux innombrables absolutions que vous avez données et donnerez, en permettant à un pécheur de se laisser relever. Vous percevez alors la fécondité infinie du sacrement de l’Ordre. Vos mains, vos lèvres, sont devenues, l’espace d’un instant, les mains et les lèvres de Dieu. Vous portez le Christ en vous ; vous êtes, par grâce, entrés dans la sainte Trinité. Comme le disait le saint Curé : « Si on avait la foi, on verrait Dieu caché dans le prêtre comme une lumière derrière un verre, comme un vin mêlé avec de l’eau » [11]. Cette considération doit amener à harmoniser les relations entre prêtres afin de réaliser cette communauté sacerdotale à laquelle exhortait saint Pierre [12] pour bâtir le corps du Christ et vous construire dans l'amour [13].

Le prêtre est l’homme de l’avenir : il est celui qui a pris au sérieux les paroles de Paul : « Vous êtes ressuscités avec le Christ : recherchez les choses d’en-haut ! » [14]. Ce qu’il fait sur terre est de l’ordre des moyens ordonnés à la Fin ultime. La messe est ce point unique de jonction entre les moyens et la Fin, puisqu’elle nous donne déjà de contempler, sous l’humble apparence du pain et du vin, le Corps et le Sang de Celui que nous adorerons dans l’éternité. Les phrases simples et denses du saint Curé sur l’Eucharistie nous aident à mieux percevoir la richesse de ce moment unique de la journée où nous vivons un face à face vivifiant pour nous-mêmes et pour chacun des fidèles. « On ne comprendra, écrivait-il, le bonheur qu’il y a de dire la messe que dans le ciel ! » [15]. C’est pourquoi je vous encourage à fortifier votre foi et celles des fidèles dans le Sacrement que vous célébrez et qui est la source de la vraie joie. Le saint d’Ars s’écriait : « Le prêtre doit avoir la même joie (que les apôtres) en voyant Notre Seigneur qu’il tient entre ses mains » [16].

En rendant grâce pour ce que vous êtes et ce que vous faites, je vous redis : « Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l’Église ! » [17]. Vivants témoins de la puissance de Dieu à l’œuvre dans la faiblesse des hommes, consacrés pour le salut du monde, vous demeurez, mes chers frères, choisis par le Christ lui-même afin d’être, grâce à Lui, sel de la terre et lumière du monde. Puissiez-vous durant cette retraite spirituelle, expérimenter de manière profonde l'Intime indicible [18] pour être parfaitement unis au Christ afin d'annoncer son Amour autour de vous et d'être entièrement engagés au service de la sanctification de tous les membres du Peuple de Dieu. En vous confiant à la Vierge Marie, Mère du Christ et des prêtres, je vous donne à tous ma Bénédiction apostolique.

Le 28 septembre 2009

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 12 août 2009

Marie, mère de tous les prêtres

Chers frères et soeurs,

La célébration de la solennité de l'Assomption de la Vierge Marie, samedi prochain, est imminente, et nous nous trouvons dans le cadre de l'Année sacerdotale; c'est pourquoi je voudrais parler du lien entre la Vierge et le sacerdoce. Il s'agit d'un lien profondément enraciné dans le mystère de l'Incarnation. Lorsque Dieu décida de se faire homme dans son Fils, il avait besoin du "oui" libre de l'une de ses créatures. Dieu n'agit pas contre notre liberté. Et une chose véritablement extraordinaire a lieu: Dieu devient dépendant de la liberté, du "oui" de l'une de ses créatures; il attend ce "oui". Saint Bernard de Clairvaux, dans l'une de ses homélies, a expliqué de façon dramatique ce moment décisif de l'histoire universelle, où le ciel, la terre et Dieu lui-même attendent ce que dira cette créature.

Le "oui" de Marie est donc la porte à travers laquelle Dieu a pu entrer dans le monde, se faire homme. Ainsi, Marie participe réellement et profondément au mystère de l'incarnation, de notre salut. Et l'incarnation, le fait que le Fils s'est fait homme, était dès le début finalisée au don de soi; au don de soi avec beaucoup d'amour dans la Croix, pour se faire pain pour la vie du monde. Ainsi, sacrifice, sacerdoce et Incarnation vont de pair et Marie est au centre de ce mystère.

Allons à présent à la Croix. Avant de mourir, Jésus voit sa Mère au pied de la Croix; et il voit le fils bien-aimé et ce fils bien-aimé est certainement une personne, un individu très important, mais il est davantage: c'est un exemple, une préfiguration de tous les disciples bien-aimés, de toutes les personnes appelées par le Seigneur à être "le disciple qu'il aimait" et par conséquent, de façon particulière, également des prêtres. Jésus dit à Marie: "Mère, voici ton fils" (Jn 19, 26). Il s'agit d'une sorte de testament: il confie sa Mère au soin du fils, du disciple. Mais il dit également au disciple: "Voici ta mère" (Jn 19, 27). L'Evangile nous dit qu'à partir de ce moment, saint Jean, le fils bien-aimé, accueillit la mère, Marie, "chez lui". C'est ce que dit la traduction française; mais le texte grec est beaucoup plus profond, beaucoup plus riche. Nous pourrions le traduire de la façon suivante: il prit Marie dans l'intimité de sa vie, de son être, "eis tà ìdia", dans la profondeur de son être. Prendre avec soi Marie, signifie l'introduire dans le dynamisme de son existence tout entière - il ne s'agit pas d'une chose extérieure - et dans tout ce qui constitue l'horizon de son apostolat. Il me semble que l'on comprend donc que le rapport particulier de maternité existant entre Marie et les prêtres constitue la source primaire, le motif fondamental de la prédilection qu'elle nourrit pour chacun d'eux. Marie les aime en effet pour deux raisons: car ils sont davantage semblables à Jésus, amour suprême de son coeur et parce qu'eux aussi, comme Elle, sont engagés dans la mission de proclamer, témoigner et apporter le Christ au monde. En vertu de son identification et conformation sacramentelle à Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, chaque prêtre peut et doit se sentir véritablement le fils bien-aimé de cette très noble et très humble Mère.

Le Concile Vatican II invite les prêtres à voir en Marie le modèle parfait de leur existence, en l'invoquant comme "Mère du Grand prêtre éternel, Reine des Apôtres, soutien des prêtres dans leur ministère". Et elle a droit - poursuit le Concile - "à la dévotion filiale des prêtres, à leur vénération et à leur amour" (cf. Presbyterorum ordinis, n. 18). Le saint curé d'Ars, vers lequel notre pensée se tourne de façon particulière en cette année, aimait répéter: "Jésus Christ, après nous avoir donné tout ce qu'il pouvait nous donner, veut encore faire de nous les héritiers de ce qu'il a de plus précieux, c'est-à-dire sa Sainte Mère" (B. Nodet, La pensée et l'âme du curé d'Ars). Cela vaut pour tout chrétien, pour nous tous, mais en particulier pour les prêtres. Chers frères et soeurs, prions afin que Marie rende tous les prêtres, face à tous les problèmes du monde d'aujourd'hui, conformes à l'image de son Fils Jésus, dispensateurs du trésor inestimable de son amour de bon Pasteur. Marie, Mère des prêtres, prie pour nous!

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On peut aller sur le site du Vatican: